Début 2025, pendant une semaine, j’ai eu une douleur abdominale. Serait-ce un ulcère ? Une nuit, j’ai ressenti une douleur dite transfixiante… ouille ça…
Je consulte mon médecin généraliste dans les 4 jours. On tente le Pantomed. Une semaine plus tard, je vais mieux et je reprends le sport, assez bien d’ailleurs. Les cuisses brûlent…
Mais cet ulcère ? Bof. Je revois mon médecin. Prise de sang. Le soir même, il m’envoie aux urgences : possible problème cardiaque.
Je vous le donne en mille, le sport… me sauve. Les troponines sont très élevées. Pas le cœur, mais mes cuisses.
L’urgentiste m’annonce une récente et probable pancréatite et me renvoie chez moi. Oui…
Je ne vous ai pas dit : je suis infirmière et j’ai 45 ans. Le mot pancréas = red flags !!
4 jours plus tard, je suis chez un gastro-entérologue, effaré qu’on m’ait renvoyée à domicile. Il soupçonne un kyste.
Les examens s’enchaînent. Nous sommes en février. En avril, je commence une chimio.
Un médecin au top !
Je suis entre de bonnes mains. Ouf.
Adénocarcinome du pancréas T1N0M0. La claque. Mais étonnamment, je ne flanche pas, je n’y pense même pas.
Je suis sûre de deux choses : je ne me suis pas battue pour sortir d’un burn-out afin d’abandonner face à cette épreuve, et je ne suis pas une statistique.
J’ai très vite confiance en l’équipe d’oncologie.
Je ne suis pas vraiment malade avec la chimio. 8 séances, doses maximales en 4 mois. J’avance en mode automatique. J’ai la famille et les amis. Ça va.
Fin août : duodénopancréatectomie.
Toutes les coupes et marges sont bonnes. Effectivement, j’ai du bol : excellents chirurgiens là aussi. Humains avant tout, mais surtout deux paires de mains plus qu’efficaces, de la dentelle !
La tumeur avait diminué de moitié avec la chimio, mais elle était encore bien active… Aucun ganglion, aucune métastase : youpie !
Aucune complication post-opératoire. Je perds du poids, mais je ne suis pas rachitique à la base. J’ai de la marge.
Rester active est essentiel.
Tout du long : j’ai promené le chien, j’ai arraché les mauvaises herbes, j’ai bricolé… Bien entendu, j’ai craqué, j’ai dormi comme un zombie parfois.
Je reprends la salle de sport.
Doucement : marche sur le tapis, 25 minutes avec pour objectif 45 minutes dans un mois.
Dans un mois…
Dans un mois, j’attaque la 2e phase de chimio, 6 séances.
Oui, j’ai quelques neuropathies périphériques.
Oui, j’ai suivi les conseils vus sur la page US Facebook des survivants de la chirurgie de Whipple (ex : manger léger quelques jours avant la chirurgie pour une reprise de transit plus douce après la laparotomie, pas bête 😉).
Non, je ne suis plus la même personne. Mais elle ne me manque pas.
Je retravaillerai ? Oui. Quand ? On verra.
Oui, un cancer stade 1 peut être détecté, soigné, opéré et, qui sait, guéri ?
Mon nom ? Peu importe…
#jenesuispasunestatistique
Et vous non plus !
